Sous-produits animaux dans les croquettes : vérité ou danger ? On vous dit tout

Quand on regarde la composition des croquettes ou pâtées pour chiens et chats, un terme revient souvent : “sous-produits animaux”.
Et avouons-le : il fait un peu peur. On imagine immédiatement des déchets d’abattoir, des plumes, des sabots ou pire encore… Mais qu’en est-il vraiment ? Est-ce que les sous-produits sont dangereux pour nos animaux ? Sont-ils à éviter à tout prix ?
Et surtout : de quoi parle-t-on exactement ?

Dans cet article, on démêle le vrai du faux. Parce que comprendre ce que l’on met dans la gamelle de son animal, c’est déjà lui offrir une meilleure santé.

gamelle viande fraiche et croquette
1 – Que sont les sous-produits animaux ? Définition claire

Le terme “sous-produit” ne désigne pas un déchet ou un ingrédient de mauvaise qualité, mais une partie de l’animal non utilisée pour l’alimentation humaine.

Prenons un exemple simple : lorsque vous découpez un poulet à la maison et que vous enlevez un morceau trop nerveux pour le jeter, ce morceau devient… un sous-produit. Et pourtant, il est parfaitement comestible pour un chien ou un chat !

Selon le règlement européen n°1069/2009, tous les ingrédients d’origine animale utilisés dans les aliments pour chiens et chats doivent appartenir à la catégorie 3 des sous-produits. Pourquoi ? Pour garantir la traçabilité, la sécurité sanitaire, et surtout éviter le retour de ces ingrédients dans la chaîne alimentaire humaine.

2 – Sous-produits ≠ Mauvaise qualité

Contrairement à ce que beaucoup pensent, un sous-produit peut être de très bonne qualité. Il peut s’agir :

  • De viande fraîche utilisée dans les pâtées ou croquettes 
  • D’abats nobles (foie, cœur, rognons)
  • De graisses animales de qualité
  • D’os charnus riches en minéraux

Dès qu’un morceau n’est plus destiné à l’homme, même s’il est parfaitement sain et nutritif, il devient un sous-produit de catégorie 3. Ce sont ces parties qui permettent de concevoir des aliments complets, digestes et riches en protéines pour nos animaux carnivores.

3 – Ce que dit la loi européenne sur les sous-produits

Le règlement CE 1069/2009 définit clairement ce que l’on a le droit d’utiliser dans la fabrication d’aliments pour chiens et chats.

Sont autorisés :

  • Carcasses ou morceaux d’animaux propres à la consommation humaine, mais non commercialisés comme tels
  • Abats, viandes, os non utilisés pour la chaîne humaine
  • Matières issues d’animaux abattus en abattoir après inspection vétérinaire
  • Gibier abattu et sain

Sont interdits :

  • Têtes de volaille
  • Peaux avec poils ou plumes
  • Sabots, cornes, becs, dents
  • Contenu intestinal (matières stercoraires)
  • Plumes, poils, soies, laines
  • Animaux malades ou morts hors abattoir
  • Matières suspectes ou à haut risque (catégorie 1 ou 2)
4 – Les 3 catégories de sous-produits animaux
  1. Catégorie 1 (interdite, destruction obligatoire)
    ➤ Animaux contaminés, malades (vache folle), ou morts hors chaîne alimentaire. Ne peuvent jamais être utilisés dans l’alimentation, humaine ou animale.

     

  2. Catégorie 2 (interdite en alimentation animale)
    ➤ Cadavres d’animaux morts à la ferme, tissus avec résidus de médicaments, ou parties non consommables. Recyclées comme engrais, biogaz ou énergie.

     

  3. Catégorie 3 (la seule autorisée pour nos chiens et chats)
    ➤ Parties d’animaux sains et abattus, propres à la consommation humaine mais non valorisées.
    ➤ Exemples : abats, morceaux osseux, mamelles, trachée, etc.
5 – Non, il n’y a pas de chiens ou de chats morts dans les croquettes !

C’est une légende urbaine persistante, mais fausse.

Le règlement européen CE 1774/2002 interdit strictement l’utilisation :

  • D’animaux de compagnie morts
  • De matières issues de la même espèce (ex. : chien nourri au chien)
  • De cadavres ou déchets à haut risque

Toutes les matières utilisées doivent avoir été inspectées par un vétérinaire et déclarées saines et propres à l’alimentation animale.

6 – Ce que contiennent réellement les croquettes bien formulées

Un fabricant sérieux utilisera :

  • Des tissus musculaires (viande striée ou lisse)
  • Des abats riches en vitamines et minéraux
  • Des graisses animales utiles pour les besoins énergétiques
  • Parfois, une faible part d’os broyés, si la composition le justifie

En revanche, aucun poil, cuir, sabot, ou résidu non digestible ne doit apparaître.
La peau de volaille, quant à elle, est parfois utilisée pour en extraire de la graisse riche en oméga-6; et ce n’est pas un problème : nous consommons nous-mêmes cette peau dans les rôtis du dimanche, non ?

7 – Pour aller plus loin : les règlements clés
  • CE 1069/2009 : encadre les sous-produits animaux et produits dérivés
  • CE 767/2009 : précise les obligations d’étiquetage des aliments pour animaux
  • CE 575/2011 : fixe le catalogue des matières premières autorisées
  • Guide FACCO : établit les bonnes pratiques françaises en nutrition animale

Ces textes précisent qu’un bon aliment pour chien ou chat doit contenir au minimum 15 % de tissus de type viande, excluant tous les éléments non digestibles ou sans intérêt nutritionnel.

Conclusion : faut-il fuir les sous-produits animaux ?

Non, pas tous.
Ce qui compte, c’est leur origine, leur traçabilité et leur traitement.

Les sous-produits de qualité sont une ressource précieuse pour formuler des aliments complets et naturels pour nos carnivores domestiques.

En revanche, attention aux compositions floues, aux taux de cendres trop élevés, ou aux croquettes avec des ingrédients douteux.

Lisez bien les étiquettes, posez des questions aux marques, et privilégiez celles qui jouent la carte de la transparence.

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